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pression trop forte en sortie de robinetterie

Comment réduire la pression en eau d'un logement

L’objectif de tout réseau de plomberie est d’alimenter en eau potable les différents équipements sanitaires d’un logement. Pour que l’eau puisse être acheminée sans difficulté, il est nécessaire que le circuit d’alimentation soit soumis à une certaine pression. Cette force, mesurée en « bars », permet de « propulser » l’eau vers les différentes sections du réseau.

Cependant, la pression de l’eau varie d’une habitation à une autre. Parfois, elle peut être trop faible, générant des débits limités et une perte de confort. Plus généralement, elle s’avère trop forte en entrée du logement, c’est-à-dire supérieure à 3 bars.

Même si une pression minimum est nécessaire pour un fonctionnement optimal des appareils sanitaires, il est important de ne pas excéder un certain seuil. Une pression excessive dans les canalisations peut avoir de nombreuses conséquences en fragilisant l’installation de plomberie, en dégradant les appareils alimentés et en gaspillant de précieux litres d’eau.

Plusieurs questions peuvent alors se poser. Comment savoir si la pression de son logement est trop forte ? Comment réduire et régler précisément la pression de l’eau ? Quel type de réducteur de pression choisir ?

Après la lecture de ce tutoriel, vous saurez :

  • Expliquer le rôle et l’importance d’un réducteur de pression dans une installation de plomberie
  • Choisir un réducteur de pression adapté à vos besoins
  • Installer un réducteur de pression en entrée du logement

Pourquoi la pression de l’eau est-elle variable ?

La pression de l’eau varie d’une habitation à une autre en fonction de plusieurs points : d’une part, le réseau d’eau public et, d’autre part, les installations de plomberie à l’intérieur de chaque logement.

La pression de l’eau est déterminée en premier lieu par la hauteur du château d’eau. En effet, les châteaux d’eau ont pour objectif de stocker une importante réserve d’eau pour pouvoir alimenter en continu chaque habitation raccordée au réseau. Ils sont situés sur les terrains les plus élevés et leur colonne centrale fait plusieurs dizaines de mètres de haut. Cela offre l’assurance que le réservoir se situe au-dessus des habitations les plus élevées de la ville.

Le principe utilisé ici repose sur la mécanique des fluides : l’effet des « vases communicants ». Si un fluide homogène est versé dans plusieurs récipients reliés entre eux, alors il s’équilibre dans chaque récipient à une hauteur identique.

Concrètement, cela signifie que le niveau auquel peut monter l’eau du réseau public est limité à la hauteur du château d’eau qui alimente le tout. Une habitation qui se situerait plus haut que le château d’eau ne pourrait pas, sans dispositif supplémentaire, recevoir d’eau car la pression serait insuffisante pour y amener le liquide.

Cette pression, si importante pour le transport de l’eau, est proportionnelle au dénivelé existant entre le niveau de l’eau dans le château d’eau et la hauteur de l’habitation. Une différence de niveau de 10 mètres équivaut à une pression de 1 bar, 20 mètres équivalent à une pression de 2 bars et ainsi de suite…

Etant donné que toutes les habitations d’une même ville ne se trouvent pas à la même altitude, des différences de pression importantes peuvent être constatées d’un quartier à un autre ou même d’une rue à une autre.

Une pression de 3 bars est suffisante pour un fonctionnement optimal des installations de plomberie dans un logement. Au-delà de 3 bars, la pression est considérée comme trop forte et il est conseillé de la réduire.

Quelles sont les conséquences d’une pression trop forte ?

Une pression excessive cause de nombreux désagréments dans un logement :

Une usure prématurée des appareils sanitaires

Une machine à laver, un lave-vaisselle ou un chauffe-eau ne sont pas conçus pour supporter des pressions trop fortes. Les soumettre en permanence à une pression supérieure à 3 bars risque de raccourcir drastiquement leur durée de vie et de causer de nombreuses pannes. La réparation de ces appareils ou leur remplacement peut vite se révéler très coûteux.

Des fuites d’eau sur les points sensibles

Les tuyaux du réseau de plomberie sont reliés entre eux par plusieurs raccords, placés à différents endroits du circuit. Ces raccordements, quelle que soit la technologie employée (sertissage, compression etc), sont conçus pour résister à une pression supérieure à 3 bars. Mais s’ils sont constamment soumis à une pression trop importante, ils deviennent des points sensibles qui peuvent fortement se dégrader et laisser fuir l’eau.

Un gaspillage important de l’eau

Une pression trop forte dans les canalisations provoque des débits inutilement élevés dans les robinets et des écoulements permanents dans les groupes de sécurité ou dans les chasses d’eau. A l’année, cela représente une hausse importante de la consommation d’eau, qui se reflète malheureusement sur la facture finale.

Des difficultés à régler la température des mélangeurs et des mitigeurs

Les mitigeurs et mélangeurs étant conçus pour fonctionner de manière optimale avec une pression régulière, un excès de pression peut causer des problèmes de réglage de la température. L’eau chaude et l’eau froide ne se mélangent plus dans les proportions adéquates et la température obtenue ne correspond pas à la température choisie.

Des claquements et des sifflements dans les canalisations

Lorsque la pression est trop forte dans les canalisations, la fermeture des robinets provoque des à-coups, communément appelés « coups de bélier ». Ces coups se caractérisent par un bruit sourd qui peut être, à la longue, gênant pour les habitants du logement. En plus d’une gêne auditive, ces claquements indiquent que le changement soudain de pression génère une onde de choc qui se propage dans l’ensemble de la tuyauterie. Ce phénomène, à force de répétitions, peut entraîner une rupture des tuyaux et un dégât des eaux conséquent.

Comment réduire la pression de l’eau ?

Pour réduire la pression de l’eau dans un réseau d’adduction, il est nécessaire d’utiliser un appareil spécifiquement dédié à cette tâche : le réducteur de pression.

Cet appareil doit s’installer en amont du circuit de plomberie, après le compteur d’eau et le clapet anti-pollution. Il permet de diminuer la pression de l’eau sans pour autant limiter le débit en sortie.

Son emploi permet d’obtenir une pression constante, qu’il y ait ou non un écoulement d’eau depuis un ou plusieurs appareils sanitaires.

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Montage correct d'un réducteur de pression sur un circuit de plomberie

Attention : le réducteur de pression doit être positionné en amont du réseau de plomberie sur l’arrivée desservant l’eau chaude et l’eau froide. Un réducteur de pression positionné juste avant le chauffe-eau, sur la dérivation qui amène l’eau froide, est à proscrire absolument.

Cela engendrerait un déséquilibre de pression entre l’eau froide (non régulée) et l’eau chaude (régulée à 3 bars). Les mitigeurs thermostatiques ne pourraient alors plus fonctionner correctement et la stabilité des mélanges eau chaude/eau froide serait compromise.

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Réducteur de pression mal positionné ce qui engendre un déséquilibre de pression entre l'eau chaude et l'eau froide

Comment fonctionne un réducteur de pression ?

Un réducteur de pression est composé de plusieurs organes qui fonctionnent conjointement et qui permettent de diminuer la pression en sortie.

Son fonctionnement est relativement simple : une membrane en caoutchouc montée sur un ressort actionne un clapet qui provoque l’ouverture ou la fermeture du siège en fonction du niveau de pression aval.

Le réglage de la pression s’effectue en desserrant ou en serrant la vis présente sur le dessus afin qu’elle comprime le ressort avec plus ou moins de force.

Lorsque de l’eau est puisée sur un robinet du réseau, la pression en aval du réducteur diminue. Elle passe alors en-dessous du seuil de 3 bars. L’eau qui arrive en amont, avec une pression trop élevée, repousse alors l’ensemble ressort-membrane-clapet, ce qui libère le siège et laisse passer le niveau d’eau nécessaire à un équilibrage de la pression en aval.

Lorsque la pression en aval est remontée au niveau défini (3 bars), la membrane et le clapet repoussent alors le ressort, ce qui a pour effet d’obstruer le siège.

En résumé, l’opposition des deux forces amont/aval permet d’actionner le ressort, ce qui ouvre ou ferme le siège afin de réguler la pression finale.

Comment choisir un réducteur de pression ?

Il existe plusieurs modèles de réducteur de pression et il est important de choisir le modèle le plus adapté à ses besoins. Pour cela, plusieurs facteurs sont à prendre en considération :

Les besoins en eau du logement

Les volumes d’eau consommés et puisés simultanément diffèrent selon la configuration du logement et le nombre de personnes dont est constitué le foyer. Il est donc important d’opter pour un modèle de réducteur ayant un débit par heure suffisant pour couvrir les besoins en eau potable. Cette information, fournie par les fabricants, permet de choisir le modèle qui convient le mieux.

La nécessité de régler la pression manuellement

Certains modèles sont tarés en usine pour réduire la pression à 3 bars. Ils ne disposent pas de vis de réglage permettant d’ajuster la pression soi-même. Si vous souhaitez régler la pression de votre logement à un seuil différent des 3 bars recommandés, il est possible de choisir un modèle réglable qui dispose d’une vis à serrer ou desserrer pour baisser ou augmenter la pression finale. Ces modèles offrent généralement une plage de réglage comprise entre 1,5 et 5,5 bars.

La volonté de contrôler facilement le niveau de pression

Certains réducteurs sont équipés d’un manomètre ou de prises permettant l’ajout ultérieur de manomètres. Cet instrument permet de mesurer et d’afficher la pression de l’eau en temps réel grâce à son cadran gradué doté d’une aiguille. Cet affichage permet de surveiller la pression de l’eau à n’importe quel moment et de s’assurer que le réducteur de pression fonctionne comme il se doit.

Les normes de qualité

Les réducteurs de pression vendus sur le marché sont obligatoirement assortis d’une Attestation de Conformité Sanitaire (ACS) certifiant leur conformité pour l’alimentation en eau potable. Certains réducteurs disposent également d’une norme NF qui, si elle n’est pas obligatoire, n’en reste pas moins l’assurance d’une fabrication de qualité et de performances supérieures (étanchéité, résistance à la pression et aux températures, durabilité…).

Comment installer un réducteur de pression ?

L’installation d’un réducteur de pression est une opération simple et rapide à effectuer mais elle nécessite le respect de certaines étapes.

Si cet ajout est prévu sur une installation existante, dans le cadre d’une rénovation, alors il est important de couper l’arrivée d’eau générale et de purger l’ensemble des canalisations en ouvrant un ou plusieurs robinets du logement.

Il est fortement conseillé de mesurer précisément l’espace nécessaire pour installer le réducteur de pression et les mamelons filetés en entrée et en sortie. Une fois ces mesures prises, vous pouvez alors procéder à la découpe de la tuyauterie, qu’elle soit en Cuivre, en PER ou en Multicouche, pour y insérer le réducteur de pression.

Il est important de respecter le sens de montage du réducteur. Le sens d’écoulement de l’eau est indiqué au moyen d’une flèche gravée sur le corps en laiton.

De chaque côté du réducteur, raccordez les éléments nécessaires en fonction des filetages d’entrée et de sortie disponibles.

N’oubliez pas d’assurer l’étanchéité au moyen de joints fibres si les raccords sont équipés de portée plate ou au moyen d’un ruban de téflon.

Procédez ensuite à la mise en eau du circuit pour vous assurer que l’étanchéité est sans faille. En cas de goutte à goutte, resserrez les raccords de chaque côté du réducteur de pression et faites un nouveau test en ouvrant l’alimentation générale.

Votre réducteur de pression est maintenant installé sur votre réseau d’eau potable. Il assure désormais une pression constante à 3 bars pour un circuit d’alimentation protégé et pérenne.

L’entretien d’un réducteur de pression est très peu contraignant puisqu’il n’est sensible ni au tartre ni à la corrosion. Il est conseillé de vérifier une fois par an que le réducteur fonctionne toujours normalement. L’idéal est d’installer un manomètre sur le réducteur pour pouvoir lire en permanence les niveaux de pression en sortie.

Les points à retenir

Equiper son installation d’un réducteur de pression permet de réaliser des économies en évitant une dégradation précoce des équipements sanitaires et des tuyaux d’alimentation. Il n’est pas obligatoire mais vivement recommandé, en particulier si le logement reçoit une pression supérieure à 3 bars.

Son installation se réalise simplement et peut s’effectuer sur un circuit d’eau existant. L’ajout d’un manomètre sur les prises 1/4 (08x13) présentes sur la plupart des réducteurs facilite la lecture des niveaux de pression en temps réel et permet de vérifier régulièrement que le réducteur de pression fonctionne comme il se doit.

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