Pourquoi le vase d’expansion est-il indispensable ?
Dans un circuit de chauffage central à eau, la température de l’eau oscille entre environ 10 °C lorsque l’installation est froide et 70-80 °C en régime hivernal. Or un litre d’eau qui passe de 10 °C à 80 °C se dilate d’environ 4 %. Sans dispositif pour absorber ce surplus de volume, la pression grimperait, la soupape de sécurité s’ouvrirait et l’installation se mettrait en carafe. Le vase d’expansion sert donc de « poumon » : il stocke temporairement le surplus d’eau chaude puis le restitue lors du refroidissement, maintenant la pression dans une plage sûre pour la chaudière, la tuyauterie et les émetteurs.
Comment ça marche ?
Le modèle le plus courant dans l’habitat est le vase à membrane fixe ou interchangeable. Il se compose de deux compartiments : d’un côté se trouve l’eau de l’installation, de l’autre un gaz neutre (azote) pré-gonflé. La membrane souple se déforme ; le côté gaz se comprime lorsque l’eau se dilate. Sur les versions domestiques, la pression de service admissible se situe généralement entre 3 et 4 bar. Le vase présenté dans notre boutique – le vase d’expansion à membrane Waterout – illustre ce principe : un pré-gonflage d’1.5 bar, une pression maximale de 4 bar et une plage d’utilisation de –10 °C à 99 °C.
Où l’installer ?
Le DTU 65.11 et la norme NF EN 12828 prévoient de raccorder le vase sur le retour chauffage, au plus près de la chaudière afin de limiter les pertes de charge. Il doit être posé en dérivation, grâce à un robinet à boisseau accompagné d’un té et d’un purgeur pour pouvoir l’isoler lors des contrôles. Le raccordement s’effectue avec un filetage mâle 20 × 27 (¾’) , standard sur les modèles de 12 à 25 L de la gamme Waterout.
Quand et pourquoi contrôler la pression de gonflage ?
Le gaz s’échappe lentement à travers la membrane ; en trois à cinq ans, le pré-gonflage peut baisser de 0,2 à 0,3 bar. Une pression trop basse réduit le volume tampon, de sorte que la pression monte plus vite et que la soupape 3 bar peut se mettre à goutter. Elle accélère également la corrosion interne en laissant entrer de l’oxygène lorsque le circuit retombe en dépression. La NF EN 12828 impose donc un contrôle annuel avec correction si nécessaire.
Symptômes d’un vase défaillant
| Symptomatique | Explications possibles |
|---|---|
| Soupape de sécurité qui goutte à 2,5 – 3 bar | Membrane percée ou pré-gonflage insuffisant. |
| Pression tombe à 0 bar à froid, remonte > 2 bar à chaud | Gaz évaporé → volume tampon réduit. |
| Bruits de bulles dans les radiateurs | Entrées d’air lorsque le circuit passe en dépression. |
| Auge de corrosion sur boues de radiateurs | Oxygène récurrent + oxydation lente de l’acier. |
Dès qu’un de ces signes apparaît avant dix ans de service, le vase mérite un contrôle ; au-delà de dix-douze ans, un remplacement devient souvent plus rentable que de devoir regonfler tous les six mois.
Remplacer le vase : guide pratique
Commencez par identifier le bon volume et choisissez un modèle compatible chauffage (et non sanitaire). Il vous suffit ensuite de commander la pièce : notre collection Équipement chaudière propose des vases à membrane de 12, 18 et 25 L, livrés pré-gonflés à 1.5 bar. Coupez la chaudière et son alimentation électrique, vidangez partiellement l’installation jusqu’à 0 bar puis dévissez le raccord. Montez le nouveau vase ; l’ajout d’un robinet d’isolement et d’un groupe de raccordement peut simplifier les futurs contrôles. Regonflez ou ajustez la pression gaz afin qu’elle corresponde au pré-gonflage d’usine. Remplissez, purgez puis remettez en route ; la pression à chaud doit se stabiliser à 2 bar maximum. Astuce pro : profitez du remplacement pour rincer le circuit ; la nouvelle membrane durera plus longtemps dans une eau propre et faiblement corrosive.
Focus produit : la gamme Waterout
| Capacité | Maison conseillée | Filetage | Pré-charge usine |
|---|---|---|---|
| 12 L | < 130 m² radiateurs | ¾" | 1.5 bar |
| 18 L | 130 – 250 m² ou PAC hybride | ¾" | 1.5 bar |
| 25 L | Petite copropriété / collectif | ¾" | 1.5 bar |
*Estimation pour une pression de service de 1 – 1,5 bar et un ΔT de 70 → 20 °C.
Pour vérifier la compatibilité, mesurez la hauteur verticale entre le point le plus haut de l’installation et le point de pose du vase : à 5 m, il faut prévoir au minimum 0,5 bar.
Entretien préventif : un rituel annuel
Au début de la saison froide, purgez les radiateurs. Contrôlez la soupape 3 bar : actionnez la tirette pendant une seconde puis refermez. Mesurez la pression du vase et complétez le carnet d’entretien afin de conserver la garantie constructeur et la conformité assurance. Un vase bien entretenu atteint couramment 10 à 15 ans ; négliger ces vérifications peut diviser cette durée par deux.
Questions fréquentes
- Puis-je regonfler à l’air comprimé ? Oui, à condition qu’il soit sec et sans huile ; l’azote reste toutefois préférable, car sa molécule plus grosse diffuse plus lentement.
- Faut-il installer deux vases en parallèle ? Dès que le volume calculé dépasse 35 L ou si le local chaufferie est exigu, il est plus simple de poser deux vases identiques ; ils se répartiront la dilatation.
Le vase d’expansion est un composant discret mais vital : sans lui, pas de pression stable, pas de confort et un risque accru de dégâts d’eau. Un simple contrôle manométrique réalisé une fois par an suffit à prévenir 80 % des pannes liées à la surpression. En cas de membrane usée, le remplacement est rapide et économique ; les vases à membrane Waterout, de 12 à 25 L, couvrent la majorité des besoins domestiques et petits collectifs. Prévoir le bon volume, régler exactement la pression, et votre chaudière pourra – au sens propre – souffler !